3 January 2014Marcus Lowell Tibesar received an e-mail from Henri Leyder concerning Henri’s research on Justine Tibesar today. The following are the contents of Henri’s e-mail.

M. Tibesar,
je viens de terminer mon extension de recherches sur Justine TIBESAR avec traduction en français. Je vous transmets le travail à toutes fins utiles, libre de droits.
Je le remettrai personnellement à Josiane DIDRY-TIBESAR, en même temps avec les lettres que Justine avait écrit à la voisine, Mme ROUYER.
Bien à vous.
Henri LEYDER

(Google translation)

Mr. Tibesar,
I just finished my extensive research of Justine Tibesar with translation into French. I bring work to all intents and purposes, free of rights.
I personally defer to Josiane DIDRY-Tibesar, along with the letters Justine wrote to the neighbor, Mrs. ROUYER.
Good to you.
Henri LEYDER


Justine Tibesar letter - page 1 of 4

Justine Tibesar letter – page 1 of 4

Justine Tibesar letter - page 2 of 4

Justine Tibesar letter – page 2 of 4

Justine Tibesar letter - page 3 of 4

Justine Tibesar letter – page 3 of 4

Justine Tibesar letter - page 4 of 4

Justine Tibesar letter – page 4 of 4


Aloha Wanderwell

Wanderwell, Aloha

Aloha Wanderwell, exploratrice (née Idris Hall, Winnipeg, 13 octobre 1906 – Newport Beach, Californie, 4 juin 1996). Aloha Wanderwell est la fille du réserviste de l’Armée britannique Herbert Hall, un propriétaire de ranch et promoteur immobilier très prospère de l’île de Vancouver. Aloha passe la majeure partie de son enfance à Parksville et Duncan. Son père s’engage dans la Force expéditionnaire du Canada en 1914, et se rend ensuite en Angleterre où il reçoit le grade de lieutenant au sein du régiment Durham Light Infantry, une unité formée près des lieux de son enfance à Tickhill, dans le Yorkshire.

La mère d’Aloha, Margaret Headley Hall, emmène Idris et sa sœur cadette Margaret en Angleterre et plus tard en Belgique et en France où elles mènent une vie confortable en retrait des lignes ennemies, pour se rapprocher d’Herbert. Idris est grande pour son âge et quelque peu polissonne. Contrairement aux jeunes filles de son âge et de sa génération, elle est une lectrice assidue de romans pour garçons et rêve de voyages et d’aventures. Elle avouera plus tard que si elle avait été un garçon, elle se serait probablement engagée dans la marine.
Après la mort de son mari à Ypres en juin 1917, Margaret, sans doute pour contenir le côté « garçon manqué » de sa fille aînée, inscrit celle-ci au collège des Sœurs Bénédictines du Saint-Sacrement à Courtrai, en Belgique, et plus tard, au collège privé Château Neuf de Nice, une école dirigée par deux femmes âgées qui, selon Wanderwell, entretenaient « d’ardents sentiments royalistes ». Idris y prend son mal en patience, endurant une discipline de fer qui forme le caractère jusqu’en 1924, année où elle s’enfuit à Paris avec des ambitions d’y tenter sa chance. Elle décroche un poste de secrétaire-chauffeuse pour une expédition autour du monde dirigée par le « capitaine » Walter Wanderwell, qui s’empresse de renommer sa nouvelle employée Aloha Wanderwell. Le capitaine lui-même (né Valerian Johannes Pieczynski, à Thurn, Pologne, en 1897) n’a pas de grade militaire, et il a adopté son propre pseudonyme car il est facile à épeler et prononcer par les Américains.

Walter Wanderwell est d’abord marin avant de devenir un randonneur et un voyageur de renommée internationale; il est emprisonné pour espionnage pendant la guerre. Après sa remise en liberté, il épouse Nell Miller, native de Seattle, et il met sur pied un nouvel organisme intitulé Work Around the World Educational Club for International Police (WAWEC) ayant pour mission d’assurer la survie de la jeune et chancelante Société des Nations par « la loi et non la guerre ». En fait, cet organisme est une petite armée privée en plein essor s’avérant être un élément potentiellement subversif surveillé de près par Edgar Hoover du Bureau of Investigation, qui deviendra plus tard le FBI.
En 1922, Nell et Walter mènent deux équipes opposées de quatre personnes dans des expéditions autour du monde à bord de deux véhicules Ford blindés, soi-disant pour voir qui parcourra la plus grande distance. Le financement de leur expédition provient de la vente de feuillets, de cartes-souvenirs, de présentations d’exposés et de séances de projection du film qu’ils tournent et produisent en route. De la correspondance provenant de sources variées indique qu’il est possible qu’ils aient reçu de l’aide financière et logistique de Henry Ford, de la Vacuum Oil Company qui s’appellera plus tard la Mobil Oil, une filiale du groupe Standard Oil, ainsi que d’autres agences souhaitant profiter de cette vitrine publicitaire. À un moment durant la course, Walter qualifie sa coéquipière Aloha de sœur adoptive, puis abandonne Nell dont il divorce. Les autorités américaines s’en mêlent en raison d’une infraction relative à la loi Mann qui interdit de faire passer à une femme les frontières des états à des fins immorales. Walter et Aloha, qui ont 29 et 18 ans respectivement, se marient le 7 avril 1925 à Los Angeles. Walter, mesurant 1,70 m (5’6″), et Aloha, la blonde de 1,80 m (6′) aux cheveux d’or, forment un couple insolite.

On ne compte plus les exploits d’Aloha. Le bédéiste et auteur Ben Dave « Stookie » Allen soutiendra qu’Aloha, après s’être coupé les cheveux pour se faire passer pour un homme, est une des rares femmes ayant réussi à servir dans la Légion étrangère française et à survivre les combats sanglants de la campagne contre les Rifains dans les années 1920. Les Légionnaires, qui ne sont pas des dupes, la démasquent rapidement. Elle réussit toutefois à prendre part à au moins un combat armé contre des irréguliers Arabes lors d’une traversée du Sahara. Rachel Crowdy, une internationaliste célèbre, affirme avoir vu Aloha, vêtue en cowgirl traversant Genève sur le toit d’un véhicule blindé en saluant la foule. Aloha et Walter auront deux enfants, Nile et Valerie, nés respectivement à Capetown et Miami, ville qui deviendra plus tard le quartier général du WAWEC.
Aloha et Walter continuent à voyager après la naissance de leurs enfants, tournant des films, vendant des publications de toutes sortes et se tirant de justesse de toutes sortes d’aventures. En Chine, après avoir été capturée par des bandits, Aloha réussit à se faire libérer en leur montrant comment monter et faire marcher des mitrailleuses. Elle fait la connaissance de Frank « un seul bras » Sutton, un soldat de fortune anglais en charge de l’arsenal du vieux chef de guerre Marshall Chang Tso-Lin. À Hollywood, Aloha et Walter fréquentent, entre autres, le cinéaste et acteur Douglas Fairbanks ainsi que sa femme Mary Pickford (Gladys Smith), la vedette de cinéma native du Canada fondatrice de la United Artist en collaboration avec D.W. Griffith et Charlie Chaplin. La présence de Walter est toutefois nuisible aux yeux des autorités locales en raison de son habitude d’incarner des officiers militaires et sa réputation d’élément subversif communiste agissant contre les missionnaires lors de ses voyages en compagnie d’Aloha. D’autres l’accusent de fraude et de parjure, sans compter ses nombreuses histoires d’adultère.
En 1932, Walter fait l’acquisition d’un navire désarmé de contrebande de rhum, le Carma, lors d’une vente aux enchères afin que lui et Aloha puissent transporter un groupe jusque dans les mers du sud pour y tourner un film. Dans la nuit du 5 décembre 1932, lors du chargement du Carma qui est ancré dans le port de Long Beach, quelqu’un se glisse dans la cabine de Walter et lui tire dans le dos alors qu’Aloha mène des négociations de dernière minute avec les industries cinématographiques de Hollywood. Bien que deux suspects soient appréhendés, personne ne sera jamais reconnu coupable du crime. Les suspects sont Edward Eugene Fernando Montagu, rentier et fils cadet du Duc de Manchester et William James (« le frisé ») Guy, un soldat de fortune gallois qui se joindra plus tard à Haile Selassie pour combattre les Italiens. On rapporte qu’Aloha entretient des relations beaucoup trop amicales avec Guy, considérant qu’il est accusé du meurtre de son mari. Les deux suspects font l’objet d’un examen minutieux de J. Edgar Hoover et de ses enquêteurs du FBI, et Guy sera ensuite expulsé du pays.
Après la mort de Walter, Aloha continue à mener des expéditions, apprend à piloter un hydravion et participe à l’expédition de recherche de l’intrépide Percy Fawcett et de ses deux amis au Brésil qui ne seront malheureusement jamais retrouvés. Son avion s’écrase dans la jungle de Rio des Mortes, la Rivière de la mort, et elle vit avec une tribu indigène pendant plusieurs mois avant qu’une opération de secours ne soit lancée. Elle se marie avec Walter Baker le 26 décembre 1933 lors d’une cérémonie modeste à Gretna en Louisiane, en face du delta du Mississippi sur la rive opposée à la Nouvelle-Orléans. Baker est un ancien caméraman du WAWEC de huit ans son cadet. Le Carma, dont Valerie – la fille d’Alhoa – hérite par décision de la cour, échoue sur les côtes du Mexique avec à son bord Valerie et Margaret, sœur d’Aloha, et est abandonné.

Aloha continue à promouvoir les vues internationalistes qu’elle partageait avec son défunt premier mari, Walter, en se rendant plusieurs fois au Canada. Elle élit domicile à Cincinnati avec le second Walter où elle occupe différents postes en journalisme de presse et de diffusion.
Aloha et Walter déménagent finalement dans un ensemble résidentiel protégé de la Californie où ils demeurent jusqu’à la fin de leurs jours. À sa mort, les cendres d’Aloha sont jetées à la mer par la Neptune Society à la demande de son fils Nile.

Auteur ALLAN E LEVINE *

Bibliographie
Aloha Baker, Call to Adventure (1939); Warren F. Kuehl, Biographical Dictionary of Internationalists (1983).
* Texte publié dans L’Encyclopédie Canadienne

(Google translation)

Aloha Wanderwell

Wanderwell , Aloha

Aloha Wanderwell, Explorer (born Idris Hall, Winnipeg, October 13, 1906 – Newport Beach , California, June 4, 1996). Aloha Wanderwell is the daughter of reservist Herbert British Army Hall, a rancher and very successful real estate developer in Vancouver Island . Aloha spent most of her childhood in Parksville and Duncan. Her father engages in the Canadian Expeditionary Force in 1914, and then went to England where he received the rank of Lieutenant in the Durham Light Infantry Regiment, a unit formed near the scene of his childhood in Tickhill, Yorkshire.

The mother of Aloha, Margaret Headley Hall, takes Idris and his younger sister Margaret in England and later in Belgium and France where they lead a comfortable life behind enemy lines, to get closer to Herbert. Idris is tall for her age and somewhat mischievous. Unlike girls of her age and her generation, she is an avid reader of novels for boys and dreams of travel and adventure. She later admitted that if it had been a boy, she would probably engaged in the navy.

After the death of her husband at Ypres in June 1917 , Margaret, presumably to hold the side ” tomboy ” of his eldest daughter, registered her to the College of Benedictine Sisters of the Blessed Sacrament in Kortrijk, Belgium, and later, in private college Château Neuf Nice, a school run by two elderly women who, according to Wanderwell, maintained “ardent royalist sentiments .” Idris will take her sickness patiently, enduring an iron discipline that forms her character until 1924, when she fled to Paris with ambitions to try her luck there. She landed a secretary – fireside for an expedition around the world led by “Captain” Walter Wanderwell, who hastens to rename its new employee Aloha Wanderwell. The captain himself (born Valerian Johannes Pieczynski in Thurn , Poland, 1897) has no military rank, and adopted its own pseudonym because it is easy to spell and pronounce for Americans.

Walter Wanderwell is first sailor before becoming a backpacker and traveler internationally renowned and is imprisoned for espionage during the war. After his release, he married Nell Miller, a native of Seattle, and he set up a new organization called Work Around the World Educational Club for International Police (WAWEC) whose mission is to ensure the survival of the young and shaky Company Nations by “the law, not war.” In fact, this organization is a small private army booming proving to be a potentially subversive element monitored closely by Edgar Hoover’s Bureau of Investigation, which later became the FBI.

In 1922, Nell and Walter lead two opposing four people on expeditions around the world on two armored vehicles Ford teams, supposedly to see who will travel the greatest distance. Funding for shipping from the sale of leaflets, maps, souvenirs, speaking engagements and screenings of the film they rotate and produce en route . Correspondence from various sources indicates that they may have received financial and logistical support of Henry Ford, the Vacuum Oil Company, which later known as Mobil Oil, a subsidiary of Standard Oil group and other agencies wishing to take advantage of this window display. At one point during the race, Walter describes his teammate Aloha adopted sister, then he abandons Nell divorce. U.S. authorities get involved in an offense relating to the Mann Act, which prohibits a woman passing the state borders for immoral purposes . Aloha and Walter, who are 29 and 18 respectively, were married April 7, 1925 in Los Angeles. Walter , measuring 1.70 m ( 5’6 ” ), and Aloha, blonde 1.80m (6 ‘) with golden hair, form an unusual couple.

There are countless exploits Aloha. Cartoonist and author Ben Dave ” Stookie ” Allen qu’Aloha support, after cutting her hair to pass for a man, one of the few successful women to serve in the French Foreign Legion and survive the bloody battles campaign against the Rif in 1920. Legionaries who are not dupes, the unmask quickly. However, she managed to take part in at least one armed struggle against Arab irregular when crossing the Sahara. Rachel Crowdy, a famous internationalist claims to have seen Aloha, dressed as a cowgirl through Geneva on the roof of an armored vehicle waving to the crowd. Aloha and Walter had two children, Nile and Valerie, who were born in Cape Town and Miami, a city which later became the headquarters of WAWEC.

Aloha and Walter continue to travel after the birth of their children, making films, selling publications of all kinds and narrowly pulling all kinds of adventures. In China, after being captured by bandits, Aloha managed to release by showing them how to build and operate machine guns. She met Frank “one arm” Sutton, a soldier of fortune English in charge of the arsenal of the old warlord Chang Tso -Lin Marshall. In Hollywood, Aloha and Walter attended, among others , the filmmaker and actor Douglas Fairbanks and his wife Mary Pickford (Gladys Smith), the star of movies native of Canada founder of United Artists in collaboration with DW Griffith and Charlie Chaplin. However, the presence of Walter is harmful to the eyes of local authorities because of his habit of embodying military officers and reputation Communist subversive element acting against missionaries during his travels in the company of Aloha. Others accuse him of fraud and perjury, not to mention his many stories of adultery.

In 1932 , Walter acquired an unarmed ship smuggling rum, Carma, at an auction so that he and Aloha can transport a group into the South Seas to shoot a film. On the night of December 5, 1932, when loading Carma which is anchored in the Port of Long Beach, someone sneaks into the cabin of Walter and shoots him in the back while qu’Aloha conducts last-minute negotiations with the film industry in Hollywood. Although two suspects are apprehended, no one will ever be convicted of the crime. The suspects are Edward Eugene Fernando Montagu, annuitant and youngest son of the Duke of Manchester and William James (the ” curly “) Guy, a Welsh soldier of fortune who will join later Haile Selassie to fight the Italians. It is reported qu’Aloha maintains relationships too friendly with Guy, whereas she is accused of murdering her husband. The two suspects are under scrutiny J. Edgar Hoover and his FBI investigators , and Guy will then be deported.

After the death of Walter, Aloha continues to lead expeditions, learned to fly a seaplane and participates in research expedition of the intrepid Percy Fawcett and his two friends in Brazil that will unfortunately never found. His plane crashed in the jungle of Rio Mortes, River of Death, and she lives with an indigenous tribe for several months before a rescue operation is launched. She married Walter Baker December 26, 1933 at a small ceremony in Gretna, Louisiana , across the Mississippi Delta on the opposite shore in New Orleans. Baker is a former cameraman WAWEC eight years her junior. The Carma , including Valerie – the daughter of Alhoa – inherited by court decision, aground on the coast of Mexico with its edge Valerie and Margaret, sister of Aloha, and is abandoned.

Aloha continues to promote internationalist views she shared with her ​​late first husband, Walter, visiting several times in Canada. She took up residence in Cincinnati with the second Walter where she held various positions in newspaper journalism and broadcasting.

Aloha and Walter eventually move to a gated community in California where they remain until the end of their days. At her death, the ashes of Aloha are thrown into the sea by the Neptune Society at the request of her son Nile.

Author ALLAN LEVINE E *

bibliography
Aloha Baker , Call to Adventure ( 1939) , Warren F. Kuehl , Biographical Dictionary of Internationalists (1983).
* Text published in The Canadian Encyclopedia


JUSTINE TIBESAR,
ou: DE LOPIGNEUX À PARIS PAR NEW YORK ET SAIGON (*)
(*) Version – sur support électronique – destinée à la famille (avec les deux lettres conservées que Justine avait envoyées à une voisine ainsi qu’avec toutes photos de famille)

Par Henri LEYDER
leyderhe@pt.lu

Remarques préliminaires :
Après la publication du récit sur le raid de Justine TIBESAR dans « Inform ELL », Josiane TIBESAR m’a prêtée deux lettres que Justine, sa tante, frère de son père, avait envoyée à Mme ROUYER, une voisine des Tibesar à Lopigneux (lesquelles Josiane ne s’est rappelées les avoir qu’en ce moment). Justine, étant née à Ell au Grand-Duché de Luxembourg, avait été instruite, de 1912 à 1919/1920, principalement en langue allemande et, en plus, avait appris à écrire en gothique (ancienne écriture allemande employée jusque dans les années 1920). Et, à la maison, on parlait très certainement le luxembourgeois, une langue d’origine germanique que la grande majorité des habitants de Habergy parlaient de ce temps également. D’où,
1) de nombreuses fautes grammaticales dans ses lettres (mais déjà un très bon français, la famille Tibesar n’ayant pourtant déménagé de Ell vers Lopigneux que depuis 4,5 ans au moment où Justine s’engage dans WAWEC),
2) la lettre « a » encore écrite en gothique, les liaisons de la lettre « o » faites avec la lettre qui suit en gothique, et la lettre « h » parfois écrite en gothique. Sachez encore que de ce temps on écrivait dans les pays germanophones en gothique, à l’exception (au Luxembourg du moins) des prénoms et des noms qui, eux, étaient écrits (à partir de la Révolution française, me semble-t-il) en lettres romanes.
Joints à ce récit (en plus des textes intégrés dans le corps du récit):
– Deux lettres que Justine avait envoyées à la voisine, Mme ROUYER
– « Justine Tibesar joins the WAWEC », récit biographique écrit par Randy Eustace-Walden et transmis par Marcus TIBESAR à l’auteur (langue anglaise)
– « Wanderwell, Aloha » de Allan E Levine publié dans « L’Encyclopédie Canadienne » (langue française)

——————————————————–
Dans le bulletin trimestriel communal „Inform ELL“ est paru en septembre 2013 un article sur le fabuleux raid à moto de SAIGON à Paris que Justine Tibesar, née à Ell en 1909, avait réalisé en 1931. Le récit succinct de cette folle aventure ainsi que celui de ce qui l’y avait amené (« Justine TIBESAR Friedensmissionarin [missionnaire de la paix] ») sont basés sur des informations plus ou moins connus. Une partie, peu connue d’ailleurs, de cet article est consacrée à la famille de Jean et Anne Marguerite TIBESAR-CLEMENS qui avait vécu à Ell de 1906 à 1926. La traduction en français en est la suivante (avec des précisions supplémentaires, ayant pu être ajoutées plus tard) :
La famille Tibesar habitait à Ell de février 1906 à février 1926 dans la maison occupée plus tard par Jean « John » HEINEN (qui y fêtait en 1963 ses 100 ans) et son fils René. Elle se trouvait route d’Arlon, là où, aujourd’hui, se dresse un bâtiment de l’exploitation agricole NIEBELSCHÜTZ-GOEDERT.
Jean TIBESAR de Habergy/Hiewerdang(1) (né le 30 octobre 1876) avait marié le 12 août 1905, à Habergy, Anne Marguerite CLEMENS (née le 11 août 1883) de Ell. Le 12 février 1906, le couple prit son domicile à Ell dans la maison Clemens (d’après le registre communal des migrations).
De leur union, cinq enfants sont nés (à Ell):
4.10.1906 : Jean-Pierre Joseph, dit Joseph (décède le 26 mai 1989 à Longuyon)
31.12.1907 : Emil (décède le 24.8.1908 À Ell)
4.3.1909 : Marie Justine, dit Justine
29.5.1911 : Emil(e) Joseph (« Emil » en luxembourgeois et en allemand)
6.12.1916 : Célestine Clémentine Marie (décède le 25.2.1977 à Aix-en-Provence)(2)

Anne Marguerite CLEMENS décède le 27.7.1924 à Ell.
Guillaume CLEMENS, le père de Anne Marguerite, lui avait précédé le 13.4.1894 à l’âge de 47 ans.

Célestine Clémentine Marie est éduquée à partir d’octobre 1924 par une tante à Habergy ; d’après le registre communal des migrations, elle quitte Ell le 21.10.1924.

Le 15 février 1926, la famille émigre à Lopigneux, commune d’Arrancy-sur-Crusne dans le département français « Meuse » (pour y exploiter une ferme).

Joseph(2) restait à Lopigneux, était marié et père d’une fille, Josiane, qui, elle, exploitait (après ses parents) ensemble avec son mari Jean DIDRY la ferme. Aujourd’hui le couple prête encore main forte à son fils.

Emile s’était retrouvé coiffeur pour dames à Grenoble. Justine et Célestine(3) étaient toutes les deux mariées à Aix-en-Provence ; Justine avait été maman d’une fille Jacqueline.

(1) Hiewerdang = désignation luxembourgeoise de Habergy (était, jusqu’en 1839, un village luxembourgeois).
(2) (suivant annotation portée en marge de l’acte de naissance conservé par l’administration communale de Ell)
____________________________________

Comment et, avant tout, pourquoi Justine s’était-elle retrouvée un beau jour à SAIGON ? Et, pourquoi y enfourchait-elle une moto et s’aventurait-elle sur des routes – et pistes – asiatiques pour retourner en Europa ?

Vous l’aurez deviné d’emblée, trouver les ou, même, des réponses à cent pour cent exactes n’est pas facile, surtout que Justine n’a pas tenu un journal … Permettez-moi de traduire maintenant, du moins partiellement, la troisième partie de l’article que j’avais rédigé pour « Inform Ell N° 3/2013», le bulletin communal de Ell (Grand-Duché de Luxembourg), paru en septembre 2013 et d’y glisser quelques extraits tirés des deux lettres mentionnées dans les « Remarques préliminaires ».
Le périple à moto SAIGON-Paris, plein d’aventures, avait été précédé d’une affiliation au « WAWEC – Work Around the World Educational Club », une « division » des « Wanderwell Expeditions ». Justine s’y était engagée de façon active.
Le 1er novembre 1929, elle s’embarque au Havre, ensemble avec le couple Wanderwell et quelques autres personnes recrutées par les Wanderwell en Europe, pour New York où ils arrivent six jours plus tard. D’après les registres d’immigration américains, Justine était à ce moment-là âgée de 20 ans, était célibataire, mesurait 5’ 4″ (1,625 mètres) parlait le flamand (remarque du rédacteur : « le luxembourgeois » aurait certainement été plus juste(*), le français et l’allemand. Elle était « nurse » et possédait, quoique née au Luxembourg, la nationalité belge. Son passeport avait été établi le 7 octobre 1929 à Londres. Sa dernière adresse renseignée était Annancy-sur-Meuse (remarque : au lieu de Arrancy-sur-Crusne dans le département « Meuse »).

(*) À la lecture plus poussée de ma part (le 3/1/2014, travail pratiquement terminé) de la liste N° 20 des passagers du SS Ile de France, je constate que « Flemish » (flamand) est inscrit sous « Race or people » (race ou peuple), « Flemish » n’est donc pas une information concernant la/les langues(s) parlée(s) …mais erronée également.

Arrivé à New-York, le petit groupe se rend à Miami dans le Camp de base du WAWEC. Il y reste probablement quelques mois, comme en témoigne une lettre (rédigée sur papier de l’Arcade Hotel and The Tent) que Justine y écrit et qui porte la date du 26 janvier (sûrement de l’année 1930, l’année n’étant pas renseignée). Le temps d’attente servait certainement à former les équipes. Justine écrit : « Hier est venu un nouveau membre de la Suisse, un propriétaire de cinéma qui est marié et qui est un bien riche monsieur et qui a tout quitté pour voyager 2 ans avec nous pour voir le monde … » Ce monsieur, on le retrouvera dans la deuxième des deux lettres, qu’elle écrit à El Paso le « 18 mercredi 1.10 h de l’après-midi » en oubliant de mettre le mois. Mais l’enveloppe conservée est oblitérée le 19 juin 1930 à El Paso/Texas. Dans cette lettre, elle se plaint de ce qu’une lettre qu’elle a écrite de La Havane ne soit pas arrivée chez Mme ROUYER. Le groupe semble donc avoir fait un crochet par Cuba avant de continuer sur le contient nord-américain.

Madame ROUYER s’étant certainement intéressée à ce que fait Justine en Amérique et aux activités du groupe WAWEC, Justine lui répond : « Je vous remercie de votre opinion pour mon uniforme. Vous comprenez voyager comme nous le faisons, c’est beaucoup plus pratique que des jupes. Et ici en Amérique on ne trouve ça pas très drôle, à cause que toutes, la plus part des petites Américaines court en pantalon, surtout ici près du Mexique … » Elle avait donc déjà envoyé auparavant une photo à Mme ROUYER la montrant dans l’uniforme WAWEC (photo jointe à ce récit).
Veuillez maintenant continuer en lisant ci-après la partie de la lettre dans laquelle Justine explique les activités du groupe et dans laquelle revient le « riche Suisse, propriétaire de cinéma », à savoir le « Capt. Hinterhauser ».

LETTRE

(…) Cette Expédition s’appelle Work Around World Educational Club”, (…), en français un Club d’éducation qui travaille autour du monde. Pour étudier les langues et les moeurs des différents pays et continents. Avec ça nous faisons la propagande de bonne volonté et d’amitié entre toutes les nations, et ainsi apprendre le peuple en traversant eux-mêmes le monde à comprendre les idées et étudier ainsi les gens de chaque différente nation. À vous expliquer tous les détails (…) il faudrait écrire un petit livre qu’on écrira aussi plus tard. Mais pour le moment je vais vous dire encore que nous sommes 25 différents groupes dans le monde entier et 280 membres qui appartiennent à ces 25 groupes, ou, plutôt, qui les forment. Chaque groupe a une ou deux automobiles, 8 et dix membres et à la tête un capitaine qui dirige le groupe.
J’ai dit que chacun de ces 25 groupes travaille autour du monde. La encore il faut comprendre comment, et surtout apprendre comment. Premièrement nous donnons des conférences aux boyscouts, dans les écoles et dans les clubs différents des grandes villes. À cette occasion nous sommes naturellement payés, chaque membre à 25/00 et le reste va à la caisse pour les frais de voyage. En surplus, nous faisons de la réclame, une petite plaque en cuivre sur notre voiture d’une Company ou de l’autre, et la réclame se paye bien ici en Amérique. En plus nous avons les brochures de notre voyage que nous vendons aussi à l’occasion des conférences. Et puis vient le cinéma, ça c’est le plus agréable et pour ça je le site en dernier. De chaque ville où nous passons nous filmons les points des plus intéressants ce que nous montrons après dans les cinémas et de ça nous sommes encore payés, ça intéresse énormément les gens.
Notre capitaine de groupe est lui-même propriétaire d’un cinéma en Suisse. Je vous envoi ici une photo du groupe 25. Le capitaine est celui avec sa a casquette sur sa tête (cette photo n’as pas été conservée).
A marquer encore que j’étais jusqu’à Miami avec le capitaine Wanderwell, groupe 1, qui a organisé le club. Après nous avons pris un nouveau groupe avec le capitaine Hinterhauser et nous sommes en route vers le West à Los Angeles où nous pensons arriver en 15 jours à 3 semaines. De là à San Francisco où nous pensons nous embarquer un peu plus tard. En tous les cas, je ne peux vous dire rien de précis pour moment (fin de la lettre envoyée de El Paso).

D’après les recherches de Marcus TIBESAR qui ont abouti à un récit (en langue anglaise) écrit par Randy EUSTACE-WALDEN (copie annexée), Justine faisait partie de l’Unit 27, ensemble avec le Suisse Emil Hinterhauser, la Française Marjorie KUINEGAL et l’Américain Rudolph FULLER de Jacksonville.
Une coupure de journal (voir annexe) confirme la composition de l’équipe ; il se peut que Randy EUSTACE-HINTERHAUSER ait trouvé les noms, qu’elle cite, dans cette coupure (conservée sur www.tibesar-com). D’après cette brève du journal, l’équipe venant de Houston s’arrêtait dans la ville de San Antonio. Elle devait continuer en direction de la côte du Pacifique, avec, comme prochain arrêt, El Paso. L’équipe a quitté Jacksonville le 19 mars à bord d’un véhicule spécialement aménagé avec chambre noire à l’arrière pour pouvoir développer les films réalisés en cour de route.

Notez bien qu’à la fin de l’extrait de la lettre ci-dessus, Justine annonce déjà qu’à San Francisco « nous pensons nous embarquer un peu plus tard ». Certes, elle ne précise pas pour qu’elle destination ils (les membres du groupe) vont s’embarquer mais d’après le peu de renseignements retenus après son périple SAIGON-Paris, le groupe s’est dissout à San Francisco, Justine s’embarquant quand même pour le Japon. Elle serait passée ensuite par la Chine pour arriver finalement à SAIGON/Vietnam. On peut facilement s’imaginer qu’elle ne voyageait pas seule, mais rien n’est su à ce sujet, encore que Randy EUSTACE-WALDEN écrit, qu’il semble que Justine soit partie seule (de San Francisco), d’abord sur un bateau à vapeur jusqu’à Seattle, et qu’elle ait pris ensuite cap sur l’Orient.

Randy EUSTACE-WALDEN écrit en plus qu’il n’avait pas été inhabituel que des membres d’unités qui s’étaient dissoutes aient continué tout seul. Ce phénomène, elle l’attribut au déclin du charme de la nouveauté (,novelty’ of life), mais Justine n’aurait pas été du genre à abandonner prématurément. Et EUSTACE-WALDEN de continuer: Justine a envoyé une carte postale oblitérée avec des « caractères » chinois, une carte WAWEC en plus, ce qui prouverait qu’elle progressait en Asie sous l’étiquette « Wanderwell Expedition ». La carte postale est visible en haut la page 1 du récit « Justine Tibesar joins the WAWEC »

Justine a probablement eu un carnet d’adresses avec des points de chute WAWEC et/ou des adresses qu’elle avait reçues du couple Wanderwell. Ceci vaut peut-être également pour son raid SAIGON-Paris … On peut même aisément s’imaginer qu’elle suivait la route que le groupe, s’il ne s’était pas dissout avant, aurait suivie pour réaliser son tour du monde… Ne perdons pas de vue que WAWEC signifie « Work Around the World Educational Club », traduit mot par mot « Travail autour du Monde Club d’Éducation » et que le groupe entier devait s’embarquer à San Francisco pour continuer, nulle part ailleurs qu’en Asie…. Justine, n’avait-elle pas écrit « … nous sommes 25 différents groupes dans le monde entier … »

C’est à SAIGON que, probablement, se termine l’aventure WAWEC en elle (ce qu’a été WAWEC, veuillez lire l’article « Wanderwell, Aloha » de Allan E Levine publié dans « L’Encyclopédie Canadienne », joint à ce récit, ainsi que, sur le Net, d’autres informations, en anglais cette fois), et c’est ici que, tout autant probablement, Justine est prise d’un désir de retourner, coûte que coûte, en Europe. Est-ce qu’elle se serait retrouvée à SAIGON complètement abandonnée par WAWEC ? Est-ce qu’elle aurait eu un mal du pays irrésistible ? On ne le sait. Et, pourquoi retourne-t-elle sur Paris ? Et non sur Lopigneux ? Peut-être s’y est-elle arrêtée au passage… Rien n’est su non plus … encore qu’on peut en conclure que Paris avait été très probablement la destination finale du parcours « autour du monde » que le groupe, auquel Justine appartenait, avait comme mission de parcourir.

Retour au Vietnam pour relater l’aventure extraordinaire dans laquelle Justine se plonge en enfourchant la moto à SAIGON. J’insère ici un texte, en son intégralité, publié par M. Guy DE BECKER de Heinstert dans son livre « Quand la F.N. avait deux roues », texte que M. DE BECKER a eu l’amabilité de me transmettre pour insérer dans mon récit.

Raid “Indochine – Belgique”
La prouesse réalisée par une demoiselle d’Arlon, Justine Tibesar mérite que l’on s’y attarde quelques minutes.
Elle se trouvait à Saigon, le 10 mars 1931, après un voyage effectué en Amérique, au Japon et en Chine. C’est ce jour-là que l’idée lui vint de regagner la Belgique par la route. Elle acheta chez Mr. Martiny, agent FN de la ville, une motocyclette de type 350 cm³ Touring Standard 1930, portant les numéros suivants: 62196 pour le cadre et 8045 pour le moteur. Justine ne savait pas conduire une moto. Le 13, elle passa son permis et le 16 elle partit par la route vers Phon-Pengh, où une chute assez grave faillit mettre fin à son périple. Après 10 jours d’immobilisation, elle se rendit à Angkor.
“A chaque arrêt, je devais protéger ma machine contre les curiosités des indigènes qui témoignaient d’un goût indiscret pour la mécanique. Leurs familiarités avec ma moto me valurent une panne, la nuit, au milieu de la jungle du Cambodge” dit Mlle Tibesar.
Elle reprit la piste jusqu’à Singapour en passant par Bangkok. Là, elle embarqua pour Calcutta, car il lui était impossible de traverser les montagnes de Birmanie, étant donné qu’il n’y avait pas de route. Aux Indes, elle fit un détour vers l’Himalaya pour y saluer la mission Citroën de la croisière jaune. Elle montait jusqu’à Srinnagar et attendit plus d’un mois, jusqu’au 26 juin.
La traversée du Cachemire et du Baloutchistan fut particulièrement dangereuse. Elle dut acheter un side-car pour transporter les réserves d’eau et d’essence nécessaires pour gagner Quetta. Quetta venait d’être détruit par un tremblement de terre. A son arrivée en Perse, à Douzhab, la fatigue, les fortes chaleurs et surtout la mauvaise eau qu’elle devait boire eurent momentanément raison de ses forces et de son courage. Elle fut soignée par un médecin indigène. Après une nouvelle convalescence, elle reprit son voyage.
De Douzhab à Méched La Sainte, il y a 1000 kilomètres à travers un pays de sable absolument désert avec deux ou trois petits villages démunis de tout.
De Méched à Téhéran, encore 1000 kilomètres et le paysage ne s’améliore pas.
De Téhéran à Quermanshah encore 1000 kilomètres de la même piste de sable. A Bagdad, il y avait le choléra et elle risquait fort d’être mise en quarantaine quand elle voulut passer en Syrie. Elle évitait le désert et elle se dirigeait vers le nord par Mossoul, Alep et Constantinople. Dès lors la traversée de l’Europe centrale pour rejoindre la Belgique via Paris fut agréable en comparaison avec le calvaire qu’elle venait de subir.
La jeune fille de 22 ans avait réalisé un parcours de 22000 kilomètres.

Il ne reste, pour l’instant, rien à ajouter sinon qu’une moto de la même marque et du même type, à savoir une FN 350 cm3 Touring Standard fait partie de la fabuleuse collection de motos anciennes de M. Marcel THIRY de Habay-la-Neuve, collection qui peut être visitée sur rendez-vous (Tél. [0032] 63 422786) avec M. THIRY comme guide. La moto portait d’ailleurs le « surnom » de « moulin rouge ». À cette époque, un moteur était souvent nommé « moulin », « rouge », parce que la poulie qui tournait du côté droit extérieur était peinte en rouge.
______
Remerciements à
Josiane DIDRY-TIBESAR de F-Lopigneux
Marcus et Ria TIBESAR de USA/VA/Hampton (www.tibesar.com)
Eric DIDRY de F-Longuyon
Jérôme TIBESAR
Marcel THIRY de B-Habay-la-Neuve
Guy DE BECKER de B-Heinstert
L’Administration communale de Ell

(Google translation)

JUSTINE Tibesar ,
or : DE LOPIGNEUX IN PARIS BY NEW YORK AND SAIGON (*)
(*) Version – electronic – for the family ( with two preserved letters that Justine had sent to a neighbor and with all family photos )

By Henri LEYDER
leyderhe@pt.lu

Preliminary remarks :
After the publication of the story on the raid Justine Tibesar in ” Inform ELL ” Josiane Tibesar lent me two letters Justine , her aunt, her father’s brother , was sent to Ms. ROUYER , a neighbor of Tibesar to Lopigneux ( which Josiane has recalled having that right now ) . Justine was born in Ell in the Grand Duchy of Luxembourg , was educated from 1912 to 1919/1920 , mainly in German and , in addition , had learned to write in Gothic (old German script used until the 1920s ) . And at home, we certainly Luxembourg spoke a language of Germanic origin that the vast majority of people Habergy spoke of this time as well. Hence ,
1 ) many grammatical errors in his letters ( but already a very good French , the Tibesar family having yet moved from Ell to Lopigneux since 4.5 years when Justine engages WAWEC )
2) The letter “a” still written in gothic, links the “o” letter made ​​with the following letter Gothic , and the letter ” h ” is sometimes written in Gothic . You should know that this time they wrote in German-speaking countries Gothic , except (in Luxembourg at least) the first and last names , they were written (from the French Revolution , it seems to me ) in Roman letters .
Attached to this story ( and more integrated into the body of the narrative texts ) :
– Two letters that Justine had sent to the neighbor, Mrs. ROUYER
– ” Justine Tibesar WAWEC join the ” biographical narrative written by Randy Eustace – Walden and Marcus Tibesar transmitted to the author ( English )
– ” Wanderwell , Aloha ” Allan E Levine published in ” The Canadian Encyclopedia ” ( French language )

————————————————– ——
In the communal quarterly newsletter ” Inform ELL ” appeared in September 2013 an article on the fabulous raid motorcycle SAIGON in Paris Justine Tibesar , born in 1909 Ell had done in 1931. The brief story of this crazy adventure and that what had brought him there (” Justine Tibesar Friedensmissionarin [ missionary of peace ] “) are based on information more or less known . Part , little known elsewhere, this article is devoted to the family of Jean and Anne – Marguerite Tibesar CLEMENS who had lived in Ell from 1906 to 1926 . The French translation is as follows (with additional information, which may have been added later) :
The family lived in Tibesar Ell February 1906 to February 1926 in the house later occupied by John “John” HEINEN (who celebrated his 100th birthday in 1963 ) and his son René . It was route d’Arlon , where today stands a building farm – NIEBELSCHÜTZ GOEDERT .
Jean Tibesar of Habergy / Hiewerdang (1) (born 30 October 1876 ) was married August 12, 1905 , in Habergy , Anne Marguerite CLEMENS ( born 11 August 1883 ) Ell . On 12 February 1906 , the couple took her home in the Ell Clemens house (after the municipal register of migration).
Their union, five children were born ( to Ell )
10/04/1906 : Jean -Pierre Joseph said Joseph ( died 26 May 1989 in Longuyon )
12/31/1907 : Emil ( died on 08.24.1908 At Ell )
04/03/1909 : Marie Justine says Justine
05/29/1911 : Emil ( e) Joseph (” Emil ” in Luxembourgish and German)
12/06/1916 : Celestine Marie Clementine ( died on 02.25.1977 in Aix -en- Provence ) (2)

CLEMENS Anne Marguerite died on 07/27/1924 at Ell.
William CLEMENS , father of Anne Marguerite , had preceded 13.04.1894 at the age of 47 years.

Celestine Marie Clementine is educated in October 1924 by an aunt Habergy , according to the municipal register of migration , she left the Ell 21/10/1924 .

February 15, 1926, the family emigrated to Lopigneux , common Arrancy -sur- Crusne in the French department ” Meuse ” (to operate a farm).

Joseph (2) remained in Lopigneux , was married and had a daughter , Josiane , which itself operated (after her parents ) together with her ​​husband Jean DIDRY farm . Today the couple still lends a hand to his son .

Emile was found ladies hairdresser in Grenoble. Justine and Celestine (3) were both married to Aix -en- Provence , Justine was the mother of a daughter Jacqueline .

(1) = Hiewerdang Luxembourg designation Habergy ( was , until 1839 , a Luxembourg village).
(2) ( following annotation in the margin of the birth certificate retained by the municipal administration of Ell )
____________________________________

How and , above all, why Justine had she found a beautiful day SAIGON ? And , why she rode a motorcycle and she ventured on the roads – and tracks – Asian to return to Europa?

You guessed it right away , find , or even answers to one hundred percent accurate is not easy, especially Justine has not kept a diary … Let me translate now , at least partially , the third part of the article I wrote for ” Inform Ell No. 3/ 2013,” the municipal bulletin Ell (Grand- Duchy of Luxembourg) , appeared in September 2013 and to slip some excerpts from two letters mentioned in the “Preliminary Remarks” .
The motorcycle journey SAIGON – Paris , full of adventure , had been preceded by affiliation ” WAWEC – Work Around the World Educational Club ,” a ” division ” of ” Wanderwell Expeditions .” Justine was actively engaged there .
November 1, 1929, she sailed from Havre , together with the couple Wanderwell and some others recruited by Wanderwell in Europe, New York , where they arrived six days later . According to U.S. immigration records, Justine was then aged 20 , was unmarried, was 5 ‘4 “( 1.625 meters) spoke Flemish ( Editor’s note :” Luxembourg ” would certainly have been more just (*) , French and German. She was ” nurse” and had , though born in Luxembourg , Belgian nationality. His passport was established October 7, 1929 in London. His last address was filled annancy -sur- Meuse (note: instead of Arrancy -sur- Crusne in the ” Meuse ” department) .

(*) In further reading on my part ( the 03.01.2014 , work almost finished ) N ° 20 passengers of the SS Ile de France list , I see that ” Flemish ” ( Flemish) is registered under ” race or people ” (race or people ),” is not Flemish ” therefore information regarding the / language (s) spoken (s) … but also wrong.

Arrived in New York , the small group went to Miami in the Base Camp WAWEC . There is probably a few months , as evidenced by a letter ( written on paper the Arcade Hotel and The Tent ) Justine writes and is dated 26 January (probably the year 1930, the year n ‘ being informed ) . The waiting time certainly used to form teams . Justine wrote: “Yesterday came a new member of Switzerland, a cinema owner who is married and is a very rich man who left everything for 2 years traveling with us to see the world …” This gentleman, we find in the second of two letters she wrote to El Paso ” 18 Wednesday, 1.10 pm in the afternoon ” without putting the month . But the envelope is postmarked preserved June 19, 1930 in El Paso / Texas. In that letter , she complained that a letter she wrote in Havana did not arrive at Madame ROUYER . The group seems to have made ​​a detour to Cuba before continuing on the North American continent .

Madame ROUYER having certainly interested in what Justine America and the activities of the group WAWEC Justine replied: ” Thank you for your opinion on my uniform. You understand travel as we do , it’s much more practical than skirts. And here in America we do not find it very funny, because all , most of the small American short trousers , especially here near Mexico … ” So she had already previously sent a photo showing the Mrs. ROUYER in the WAWEC uniform (attached to this story photo) .
Now please continue reading below the portion of the letter in which Justine explains the group’s activities and which returns the “rich Switzerland owner of cinema” , namely ” Capt . Hinterhäuser . “

LETTER

(…) This shipping is called Work Around the World Educational Club ” , (…) , French Club an education that works around the world. To study the languages ​​and customs of different countries and continents. With that we propaganda goodwill and friendship among all nations, and learn the people across the world understand themselves and explore ideas and people from every different nation. To explain all the details (…) should write a small book that also later wrote . But for now I’ll tell you again that we are 25 different groups around the world and 280 members who belong to these 25 groups , or rather that form . Each group has one or two cars, eight and ten members and headed by a captain who leads the group .
I said that each of these 25 groups working around the world. Again one must understand how , and especially learn how. First we give lectures to boyscouts , in schools and in various clubs in large cities. On this occasion we are naturally paid to each member 25/00 and the rest goes to the fund for travel expenses. Surplus , we make the calls , a small brass plate on our car a Company or the other , and availed himself pays well here in America. In addition we have the brochures of our trip we also sell during conferences. And then comes the cinema, this is the most enjoyable and why I site last . Each city where we spend we film the most interesting points that we show later in the cinemas and that we paid for, it very interested people .
Our group captain is itself a theater owner in Switzerland. I send you here a picture of the band 25 . The captain is the one with his hat on his head has ( this photo have not been preserved ) .
A mark that I was still up Miami with Captain Wanderwell Group 1 who organized the club. After we took a new group with Captain Hinterhäuser and we are en route to the West Los Angeles where we think we get 15 days to 3 weeks. Thence to San Francisco where we think we embark later . In any case, I can not tell you anything specific to time (the end of the letter sent to El Paso ) .

According to research by Marcus Tibesar which led to a story ( in English ) written by Randy EUSTACE – WALDEN ( copy attached) , Justine was part of Unit 27 , together with the Swiss Emil Hinterhäuser the French Marjorie KUINEGAL Rudolph and American FULLER Jacksonville.
A newspaper clipping (see Appendix) confirms the composition of the team may Randy EUSTACE – Hinterhäuser has found the names , she cites in this cut (preserved on www.tibesar -com ) . From this brief journal , the team from Houston stopped in the city of San Antonio . It should continue towards the Pacific coast , with, as the next stop, El Paso. The team left Jacksonville on March 19 aboard a specially equipped with a darkroom in the back in order to develop the films in court road vehicle.

Note that at the end of the extract of the letter above, Justine already announced that San Francisco “we think we embark later .” Certainly, it does not specify that destination they ( group members) will ship but from the little information retained after his journey SAIGON – Paris , the group dissolved in San Francisco, Justine s ‘ shipping still in Japan. It would then be passed through China to finally arrive at Saigon / Vietnam. One can easily imagine that she was not traveling alone, but nothing is known about it , although Randy EUSTACE WALDEN – written , it seems that Justine is part one ( San Francisco) , first on a steamer to Seattle, and she then took on the East Cape .

Randy EUSTACE – WALDEN written more than he was not uncommon for members of units that had dissolved have continued alone. This, she attribute the decline of the charm of novelty ( , novelty ‘ of life ), but Justine was not one to give up prematurely. And EUSTACE – WALDEN continue: Justine sent a postcard postmarked with Chinese characters ” ,” WAWEC a map and more, which proves it progressed in Asia under the label ” Wanderwell Expedition .” The postcard is visible at the top of the page 1 story ” Justine Tibesar join the WAWEC “

Justine has probably had an address book with drop points WAWEC and / or addresses of the couple she had received Wanderwell . This may be true also for its raid SAIGON – Paris … One can even easily imagine she followed the route group , if it was not dissolved before , would have followed to achieve his world tour … Do not forget that WAWEC means ” Work Around the World Educational Club “translated word by word ” Work around the World Education Club “and the whole group was to embark in San Francisco to continue elsewhere in Asia …. Justine , had it not written, ” … we are 25 different groups around the world …”

It is SAIGON that probably ends the adventure WAWEC in it ( what was WAWEC , please read the article ” Wanderwell , Aloha ” Allan E Levine published in ” The Canadian Encyclopedia “, attached this account, and on the Net, other information, in English this time ) , and it is here that , just as likely, Justine is taken from a desire to return , all costs in Europe. Is she would found at SAIGON completely abandoned by WAWEC ? Does she have had a bad irresistible country? We do not know . And why she returned to Paris ? Rather Lopigneux ? Perhaps this is the way she stopped … Nothing is known either … yet we can conclude that Paris was probably the final destination of ” Around the World” course that the group, which Justine belonged , had a mission to go.

Back to Vietnam to recount the extraordinary adventure in which Justine plunges straddling the bike SAIGON . I insert here a text in its entirety, published by Mr Guy DE BECKER of Heinstert in his book “When the FN had two wheels, ” text M. BECKER was kind enough to send me to insert into my story.

Raid ” Indochine – Belgium “
The feat achieved by Arlon lady, Justine Tibesar deserves some attention a few minutes.
It was in Saigon, March 10, 1931 , after a trip to America , Japan and China. It is on this day that the idea came to him to return to Belgium by road. She bought at Mr. Martiny , FN agent of the city, a motorcycle type 350 cc Touring Standard 1930, bearing the following numbers : 62196 8045 for the frame and the motor. Justine could not drive a motorcycle. 13 she passed her license and 16 she went by road to Phon – Pengh where a serious fall nearly enough to end his journey. After 10 days of detention, she went to Angkor.
” At each stop , I had to protect my computer against indigenous curiosities that showed an indiscreet taste for mechanics. Their familiarity with my bike earned me a failure at night, in the middle of the jungle of Cambodia ” said Miss Tibesar .
She took the track to Singapore via Bangkok. There, she sailed for Calcutta, as it was impossible to cross the mountains of Burma , given that there was no road . In India , she made a detour to the Himalayas to greet the Citroën mission yellow cruise. She climbed up Srinnagar and waited more than a month , until June 26.
Crossing Kashmir and Balochistan was particularly dangerous . She had to buy a sidecar to carry water supplies and fuel needed to win Quetta. Quetta had been destroyed by an earthquake . Upon his arrival in Persia to Douzhab , fatigue, high temperatures and especially the drinking bad water she had had momentarily because of his strength and courage . She was treated by a native doctor. After further recovery, she resumed her voyage.
Of Douzhab to Holy Mashhad , there is 1,000 km through a country absolutely sandy desert with two or three small destitute villages.
Of Mashhad Tehran still 1,000 km and the landscape is not improving .
Tehran Quermanshah still 1,000 km of the sand track . In Baghdad, there was cholera and was likely to be quarantined when she tried to enter Syria. She avoided the desert and headed north through Mosul, Aleppo and Constantinople. Therefore crossing Central Europe to join Paris via Belgium was nice compared to the ordeal she had suffered .
The young 22 year old girl had made a 22,000 km journey .

It remains , for the moment , nothing to add other than a motorcycle of the same brand and same type , namely FN 350 cm3 Touring Standard is part of the fabulous collection of old motorcycles Marcel Thiry Habay -la-Neuve , collection can be visited by appointment ( tel. [ 0032 ] 63 422 786 ) with Mr. Thiry as a guide. Moreover, the bike was the ” nickname ” of ” Moulin Rouge .” At that time, an engine was often called “mill” , “red” , because the pulley turning the outer right side was painted red .
______
thanks to
Josiane DIDRY – Tibesar F- Lopigneux
Marcus and Ria Tibesar of USA / VA / Hampton ( www.tibesar.com )
Eric DIDRY F- Longuyon
Jérôme Tibesar
Marcel Thiry B- Habay -la-Neuve
Guy DE BECKER B- Heinstert
The municipal administration Ell


Marie Justine (‘Justine’) –> Jean –> Pierre –> Jacques –> Michel –> Philippe Tibesar